Merci
IA

Ô
chausson fidèle, doux gardien de mes pas,
Tu as connu cent hivers, cent cafés maladroits.
De la cuisine au lit, du tapis au balcon,
Tu marchais sans un mot, stoïque champion.
Ton tissu effilé, ton éclat disparu,
Racontent les soirs calmes et les rires contenus.
Tu as bravé les miettes, les jus
renversés,
Et même les griffes du chat mal dressé.
Mais hélas, aujourd’hui, tu rends ton dernier
fil,
Ton élastique pend, ton silence est subtil.
Je te pleure un instant, vieux bout de chaleur,
Toi qui réchauffais bien plus que mes heures.
Repose en paix, vaillant ami discret,
Dans le grand tiroir des objets regrettés.
Et si demain j’achète un nouveau
chausson,
Je lui dirai: "Sois digne de cette mission."